dim 15 juil 2007

Manifs en Europe - Papier de Maxime

15 07 2007
Papier diffusé dans l'émission du 29,30 avril et du 1ier mai 2007 - Spéciale "Révolte" !









Il y a un an en France, de mars à juin 2006, des centaines de milliers d’étudiants et de lycéens protestaient contre le Contrat Première Embauche. On s’en souvient, ce contrat de travail mis en place par le gouvernement Villepin avait pour but de remédier au chômage des jeunes. Cependant, ceux-ci avaient en majorité résisté contre cette mesure jugée injuste. « Résistance »…un étendard qui depuis les protestations contre le CPE a été brandi à plusieurs reprises en Europe.


Tout d’abord, en Grèce. Dans ce pays, l’enseignement supérieur est libre et gratuit selon la Constitution. Mais des mesures décidées par la ministre de l’Education, Marietta Yannakou, ont récemment provoqué un tollé chez les enseignants et les étudiants. La réforme prévoit la création d’universités privées, une révision du système de contrôle des étudiants et des enseignants, l’imposition d’un délai pour obtenir son diplôme ou encore la remise en cause de la gratuité des manuels.

Dès le 1er juin, les enseignants ont commencé une grève illimitée contre ces dispositions, bientôt suivis par les étudiants. Très vite, 350 des 456 universités grecques ont été occupées et une grande manifestation a rassemblé 20 000 étudiants à Athènes. Malgré ce mouvement, le gouvernement a refusé de reculer et a voté la loi tant controversée le 8 mars dernier dans un Parlement encerclé par 35 000 étudiants. Des heurts violents ont eu lieu avec la police. Aujourd’hui, l’épreuve de force continue et la situation n’est pas débloquée. Les étudiants grecs se réclament de la lutte contre le CPE comme un exemple de victoire des étudiants contre un gouvernement conservateur. Ils ont également appelé à la solidarité internationale.


En Autriche, c’est en octobre qu’une vague de protestation s’est levée. Dans un premier temps c’est l’instauration de quotas limitant la présence d’étudiants étrangers dans les universités autrichiennes qui a provoqué le mécontentement. Comme les Français en Belgique, de nombreux allemands viennent suivre en Autriche des études plus difficiles dans leur pays que chez les voisins, par exemple la médecine. Les quotas du gouvernement autrichien devaient donc limiter ce phénomène. Mais la disposition a été annulée par la Cour de Justice Européenne qui l’a jugée contraire au principe de libre circulation des personnes. Par la suite, le gouvernement de Vienne a décidé la mise en place de frais de scolarité dans un pays où, comme en Grèce, l’enseignement supérieur était auparavant gratuit. Un mouvement comparable avait eu lieu en Allemagne après la décision de mesures similaires par le gouvernement Merkel. Les manifestants autrichiens quant à eux ont été jusqu’à exiger la démission du nouveau chancelier Alfred Gusenbauer. Une situation rarissime en Autriche, un pays d’ordinaire plutôt calme.


Dans l’ensemble, la jeunesse européenne proteste beaucoup ces derniers temps. Alors, phénomène habituel ou coïncidence conjoncturelle ?
En France, on peut parler d’habitude: depuis mai 68, les jeunes, à de nombreuses reprises, ont manifesté pour défendre leurs intérêts. En 1986, le projet de loi Devaquet qui prévoyait notamment une sélection à l’entrée des universités s’était heurté à une forte opposition. Idem en 1993 pour le Contrat d’Insertion Professionnelle sous le gouvernement Balladur. Le contrat d’insertion professionnelle était un contrat réservé aux jeunes, rémunéré à hauteur de 80% du SMIC. En Grèce, les mouvements de protestation sont beaucoup plus rares. Le pays est en effet redevenu démocratique seulement dans les années 1970. Les mentalités des parents sont encore marquées par la dictature des colonels. Les jeunes osent maintenant ce que leurs ainés n’ont jamais pu oser. Les jeunes manifestants grecs restent soutenus par plus de 50% de la population, selon un sondage.
L’Autriche et l’Allemagne en revanche sont réputées pour être des pays où l’on manifeste peu, même chez les jeunes.


La jeunesse européenne va-t-elle pour autant devenir aussi protestataire que la jeunesse française ? On peut en douter. Ce type de comportement tient en effet beaucoup de la mentalité nationale. Mais comme le disent les Cowboys Fringants, « à la manifestation, on rêve de révolution ». Un rêve de jeunesse ?


Pour la version audio, c'est par que ça se passe !

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